Qualité de l’air, partie 1 de 4 – La transition, solution aux problèmes de qualité de l’air ?

Durant des décennies, les impacts de la (mauvaise) qualité de l’air sur notre santé étaient peu connus du grand public. Depuis peu, les médias commencent à s’approprier le sujet, et le citoyen découvre peu à peu l’ampleur des dégâts de la pollution de l’air sur notre santé.

Au travers d’une série de quatre articles courts, Transition Chastre voudrait apporter sa pierre à l’édifice en résumant, de manière non scientifique mais néanmoins la plus réaliste possible, les principales sources de polluants, les impacts qu’elles ont, mais aussi et surtout les différentes solutions qui s’offrent à nous, à court et moyen terme. L’objectif étant clairement d’améliorer notre cadre de vie, et celui de nos enfants.

Commençons donc par un bref état des lieux. Il ne sera pas possible ici de lister tous les polluants, mais bien d’en retenir deux catégories qui semblent primordiales en termes de santé. Nous tenterons à chaque fois d’identifier leurs conséquences, mais également leurs sources.

Pollution de l’air en général

Le 11 octobre 2018, Le Soir publiait un article dans lequel on découvrait que la pollution de l’air était la cause de plus de 10.000 décès prématurés chaque année en Belgique. Mais à côté de cela, de nombreuses personnes en sont malades (allergies et asthme, anomalies du développement pulmonaire, autisme, diabète, dysfonctionnements comportementaux et déficits cognitifs, leucémie, obésité, pneumonie, pression sanguine / hypertension, problèmes autour de la naissance, perturbation endocrinienne, suicide, troubles métaboliques,…[1]).

Les conséquences de la pollution de l’air ne se résument donc pas en termes de limitation de l’espérance de vie, mais aussi et surtout en diminution de l’espérance de vie en bonne santé. On peut également ajouter à cela des conséquences financières importantes, tant pour l’Etat (soins de santé), que pour les patients malades et les entreprises (absentéisme, …).

Les oxydes d’azote – NOx

Comme signalé dans un article récent paru dans Le Soir du 29 octobre 2018, notre pays est un champion en la matière… se positionnant en quatrième place des pays européens ayant la plus forte concentration de NO2. Les recommandations de l’OMS (Organisation mondiale de la Santé) sont régulièrement dépassées en Belgique.

  • Conséquences : des études parlent de 1.870 morts prématurées par an en Belgique liées à ce seul polluant (à titre de comparaison, les accidents de la route ont tué 615 personnes en 2017). Ce polluant peut en outre favoriser des maladies qui semblent inattendues, comme le diabète. Il provoque également des infarctus du myocarde.
  • Sources : En Belgique, environ la moitié des émissions de NOx provient du transport routier. Le diesel est principalement concerné. L’industrie et l’agriculture sont également sources de NOx.
  • Solutions : celles-ci seront abordées dans notre article consacré à la mobilité.

Les particules fines

ou PMx pour Particulate Matter, le x en indice représentant leur diamètre maximal en micromètres – ou millièmes de millimètre. Il s’agit de toutes sortes de particules très fines, donc très légères.

On distingue en général les PM2,5 des PM 10. De plus en plus, les PM1 inquiètent les scientifiques. Leur diamètre tant extrêmement petit, elles pénètrent plus en profondeur dans nos voies respiratoires. Comme pour les NOx, les recommandations de l’OMS sont régulièrement dépassées en Belgique. La bonne nouvelle, c’est que les concentrations (en masse par volume) sont environ trois fois moins élevées aujourd’hui qu’au début des années 80. En revanche, on connait assez peu la répartition entre fines et ultrafines particules (ces dernières étant très légères, elles peuvent augmenter en nombre sans que cela ne se remarque via l’indicateur de masse).

Notons également que les Belges ne sont pas égaux face aux particules fines, comme le montre ce graphique de la cellule CELINE montrant les concentrations moyennes en PM2,5 en 2016:

  • Conséquences : les seules PM2,5 seraient la cause de 9.300 décès prématurés par an (!!!) en Belgique, donc nettement plus encore que les NOx. Elles provoquent des cancers du poumon, mais également de nombreuses autres maladies respiratoires et cardio-vasculaires.
  • Sources : ces particules étant très volatiles, une grande partie de la pollution que l’on respire en Belgique provient de nos pays voisins. Mais la Belgique est néanmoins un “émetteur net”: elle “exporte” plus de pollution qu’elle n’en “importe”. Les ménages seraient responsables d’environ 62% des émissions de particules fines, principalement via la combustion de bois de chauffage. Le transport et la mobilité sont d’autres grands contributeurs de fines particules. L’agriculture y participe également, mais dans une moindre mesure.
  • Solutions : celles-ci seront abordées dans nos trois autres articles.

Et à Chastre ?

Ces différentes sources de pollution de l’air sont particulièrement pertinentes à Chastre. Nous nous situons dans un environnement agricole, avec très peu de parcelles réservées à l’agriculture biologique, ce qui implique des pollutions liées aux pesticides et aux fertilisants. Nous sommes également dans une commune située à proximité d’axes routiers importants, comme la Nationale 4, avec les impacts évidents en termes de fines particules et oxydes d’azote que cela implique. Enfin, notre bâti est relativement ancien et composé en grande partie d’habitations à 4 façades, nécessitant beaucoup d’énergie pour les chauffer.

Conclusion

En conclusion, nous avons vu ici pas mal de problèmes de qualité de l’air, et donc de santé publique, liés à notre style de vie. De nombreuses solutions très concrètes existent cependant déjà. C’est précisément l’objet de nos 3 prochains articles qui traiteront de 1) la mobilité, 2) l’habitation, et 3) l’agriculture et l’économie. Vous y trouverez des pistes pour améliorer, directement et à notre échelle, la qualité de l’air que nous respirons.

Cette thématique vous intéresse ? Vous voulez en parler ? Participer à un éventuel atelier ? Faites-le nous savoir par simple mail à transitionchastre@gmail.com !

Rendez-vous dimanche prochain pour la deuxième partie de ces articles sur la qualité de l’air !

[1] Prof. Catherine Bouland, Conférence du CFDD du 12/10/2018 sur les Effets de la Pollution de l’air sur la santé (site web)

Pour Transition Chastre,
Fabrice Dehoux



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